Combien de fois a-t-on pu se dire, et nous nous le répétons, que la communication en escalade est importante, et même fondamentale ? En effet, une communication efficace facilite tout, augmente la sécurité et l'attention mutuelle entre grimpeur et assureur. Nous en sommes tous conscients, mais il arrive parfois que nous n'ayons même plus la force de prévenir avant que la chute arrive.
Pourtant, il existe des signaux évidents que nous pouvons deviner depuis le sol en observant le grimpeur, afin que l'assureur ne soit pas pris au dépourvu en cas de chute imminente. Nous mettons à votre disposition cette petite liste, probablement non exhaustive mais qui regroupe les signaux les plus courants.
Les “Chicken wings”
C'est probablement l'un des signes de fatigue les moins connus chez les grimpeurs, mais cela ne fait aucun doute : si vous voyez votre partenaire commencer à monter en gardant toujours les coudes levés et les bras pliés au niveau des oreilles, cela signifie qu'il est sur le point de lâcher. C'est une posture instinctive qui nous amène à chercher une position moins « douloureuse » au niveau des avant-bras, en alignant les poignets et les coudes (source : The Climbing Bible). Le signal est très clair : le plomb paraît inévitable.
La jambe qui tremble
À peu près tout le monde s'est déjà retrouvé à un certain point sur une falaise avec le mollet tremblant de façon incontrôlable. En plus d'être un signe de peur, cela peut aussi être un indicateur de fatigue musculaire. Cela nous arrive souvent sur des murs verticaux, quand nous passons beaucoup de temps sur nos pointes sans être encore habitués à ce type d'effort musculaire. Une chose est sûre : même si nous avons encore assez d'énergie pour continuer, la jambe qui tremble est un facteur de distraction très élevé pendant la grimpe.
Une respiration rapide
Lorsque la sensation d'agitation s'empare d'un grimpeur, le premier signal est l'accélération de la respiration. Ce signal est beaucoup plus évident pour ceux qui assurent que pour celui qui peut être en pleine crise d'angoisse sur la paroie. Qu'il s'agisse d'un facteur purement psychologique ou d'une véritable fatigue physique sur un parcours d'endurance, il est difficile de sortir de la boucle : "plus ma respiration s'accélère, moins je suis concentré". La seule libération pourrait être un bon repos, ou se préparer à "tenir" le vol.
La tête en arrière
La "tête en arrière" est toujours une position qui indique un "effort extrême". Bien sûr c'est une posture complètement involontaire : vous prenez une prise, en général assez loin ou très petite, et pour la tenir vous gainez tout votre corps dans un mouvement de tension totale. L'assureur peut alors compter jusqu'à trois avant de déterminer si vous avez réussi à garder votre prise en main ou si vous avez volé quelques mètres plus bas. Soyons clairs : le grimpeur peut faire toute une série de "mouv" un peu à la limite et y arriver puis finir épuisé mais toutefois content de son enchainement. Mais pour ceux qui assurent, il n'y a qu'une chose à faire : rester absolument et continuellement vigilant.
Rester trop bloqué sur une prise
Vous savez quand on parle de "flash" en escalade, cette lueur de grâce et de légèreté qui vous fait passer d'une prise à l'autre avec facilité sans ressentir la pesanteur ? Dans le cas de cet article, l'exact opposé serait la situation où on reste bloqué avec les quatre points d'appui, en ne réussissant plus à bouger. Cette situation n'arrive évidemment pas en situation de repos, mais en position de fermeture, de blocage, une de ces positions qui - au bout d'environ cinq secondes - tendent vos muscles des fléchisseurs des doigts jusqu'aux trapèzes derrière le dos. Ainsi, si vous voyez que votre partenaire s'est complètement ancré sur un mouvement, commencez à "accueillir" son envol de la meilleure façon.











